Lancer un site web quand on est passionné et partir au nord avec son X100vi
Ce que la construction de lucelenta.art m'a appris, et ce que je cherche à Copenhague, Hambourg, Berlin et Aarhus en juin 2026
Il y a beaucoup trop de recettes Fujifilm sur internet
Je ne dis pas ça pour diminuer le travail de ceux qui les publient. Certains en ont fait une entreprise sérieuse, et je n'ai rien à leur reprocher. Je dis ça parce que c'est la réalité dans laquelle je me trouvais il y a quelques mois : un photographe qui voulait développer ses propres recettes, qui cherchait de l'inspiration, et qui se perdait dans une abondance sans repères. Trop de choix, trop de voix, trop de promesses de « la meilleure recette pour toutes les situations ».
C'est à ce moment-là que l'image du vigneron m'est venue.
Il y a des vignerons qui produisent en grande quantité, avec efficacité, pour un marché qui consomme vite et sans trop se poser de questions. Et il y a des vignerons qui ont une petite parcelle, qui connaissent chaque rang, qui acceptent les aléas de la météo et du millésime et qui font leur vin avec sérieux et avec une vision qui leur appartient. Ce sont ces vins-là que j'aime boire. Ce sont ces recettes-là que je voulais élaborer. Ce site, c'est la cave où je les range.
Les vignes du domaine de Quintodecimo, Mirabella Eclano, Campanie, Italie - (Recette de film : OWH Analog)
Ce que personne ne dit sur la construction d'un site web
Lancer lucelenta.art a été un travail considérable. Je ne m'y attendais pas tout à fait, ou plutôt, je savais que ce serait du travail, mais je ne savais pas exactement de quel genre.
Choisir un nom de domaine. Comprendre ce qu'est un hébergeur et pourquoi il est distinct du registraire de domaine. Configurer un courriel dédié. Choisir une plateforme et apprendre à en maîtriser les subtilités. Rédiger neuf articles en français et en anglais. Choisir les photos, les nommer selon une convention cohérente et rédiger les textes alternatifs pour l'accessibilité. Optimiser les métadonnées SEO page par page.
Chaque obstacle résolu en révélait un autre. J'ai reculé souvent pour mieux avancer. J'ai remis en question des décisions que je croyais définitives. J'ai appris des choses que je ne savais pas que j'allais devoir apprendre.
Ce site n'est pas parfait. Il est le fruit d'un artisan qui a appris en faisant, et qui a avancé avec les outils et les connaissances qu'il avait au moment où il en avait besoin. J'ai la conviction que mes lecteurs seront indulgents à mon endroit. En retour, je serai toujours ouvert aux conseils pour mieux faire. C'est aussi ça, l'esprit d'une petite parcelle.
Ce que j'ai retenu de tout ça, c'est quelque chose de simple : il faut savoir ce que l'on veut, le vouloir vraiment, faire ce qu'il faut pour y arriver, ne jamais douter de ses capacités et surtout, être heureux de ce que peut produire la passion d'une chose. La passion, ici, fait le même travail que la patience devant un bon objectif : elle maintient l'attention là où il le faut et le temps qu'il faut.
Je pense que ce site intéressera surtout des passionnés. Et les passionnés, quel que soit leur domaine, ont cette qualité en commun : ils savent ce que ça coûte de construire quelque chose avec soin. Si vous lisez ceci, vous savez probablement de quoi je parle.
Juin au nord — Copenhague, Hambourg, Berlin, Aarhus
En juin, mon épouse et moi partons vers le nord.
Je dois avouer que l'itinéraire doit beaucoup à elle. Je suis du genre à vouloir sillonner les régions viticoles, à m'arrêter chez les vignerons et à discuter d'une vision de la viticulture dans un chai. Elle n'est pas insensible au vin, mais elle a suggéré le Danemark et le nord de l'Allemagne avec un argument que je ne pouvais pas contredire : ce ne sont pas des régions très productrices en viticulture, alors nous pourrons enfin faire autre chose.
Elle a raison. Et je pars avec mon X100vi.
Ce que je cherche photographiquement ? Je ne sais pas encore précisément et c'est bien ainsi. Juin en Scandinavie et dans le nord de l'Allemagne, c'est une lumière que je n'ai jamais travaillée. Longue, rasante et qui s'étire tard en soirée. Une lumière du nord qui pourrait bien donner naissance à de nouvelles recettes ou révéler sous un jour inattendu celles que j'ai déjà élaborées.
J'y vais sans plan rigide et avec une disposition attentive à ce qui se présente. C'est ainsi que je photographie. C’'est ainsi que je voyage.
Ce que je vous demande
Si vous connaissez Copenhague, Hambourg, Berlin ou Aarhus, si vous y avez photographié, si vous y avez vécu, si vous avez une adresse de café qui mérite qu'on s'y attarde, un marché, un quartier ou un angle de rue qui vous a saisi, je suis preneur. Écrivez dans les commentaires. Ce genre d'échange, c'est précisément pourquoi ce blog existe.
Et si vous avez vous-même lancé un projet qui vous tenait à cœur — un site, une série photographique, n'importe quelle aventure artisanale — je serais heureux d'en entendre parler. Les passionnés aiment se retrouver.
- Louis-Martin Ouellet