Le X-Trans V en détail - Partie 4 : couleur, netteté, clarté, réduction de bruit

Le troisième billet de cette série touchait à des réglages qui agissent avant même la simulation, ou en profondeur dans l'image. Celui-ci, le dernier de la série, revient à des réglages plus proches de la surface : quatre curseurs qui peaufinent le rendu une fois que tout le reste est déjà en place. La couleur ajuste l'intensité chromatique. La netteté et la clarté jouent chacune sur un type de détail différent, l'une sur les contours et l'autre sur la texture des tons moyens. Et la réduction de bruit protège l'image quand l'ISO grimpe.

Contrairement aux billets précédents, celui-ci ne s'appuiera pas sur des photos comparatives avant/après. Les quatre réglages qui suivent sont des ajustements fins, dont l'effet reste souvent trop subtil pour se voir clairement à l'écran sans pousser les curseurs à des valeurs extrêmes ou recadrer serré, ce qui commence à ressembler à une démonstration plutôt qu'à un exemple honnête.

La Fernsehturm de Berlin (Base Sepia)

Les quatre réglages

Couleur

La Couleur est le plus simple des quatre réglages de ce billet : un curseur qui intensifie ou réduit la saturation, de -4 à +4, par pas de 1. Rien de plus à première vue. Mais un même +2 ne produit pas du tout le même résultat selon la simulation sur laquelle il s'applique. Sur Provia, déjà neutre, l'effet est net. Sur Classic Chrome, pensée pour un rendu mat, il rehausse une saturation volontairement basse sans jamais atteindre celle de Provia. Sur Velvia, déjà la plus saturée du catalogue, le même +2 pousse encore plus loin une couleur qui l'était déjà beaucoup. La Couleur ne change ni le contraste ni la balance des tons propres à la simulation : elle joue uniquement sur l'intensité chromatique, par-dessus une base qui reste inchangée.

Ne pas confondre avec Color Chrome Effect, vu dans le second billet de cette série : les deux touchent à la couleur, mais pas de la même façon. Color Chrome Effect détecte les zones déjà très saturées et y réintroduit un dégradé de ton fin, plutôt que d'ajouter uniformément de la saturation. La Couleur, elle, fonctionne comme un multiplicateur simple, appliqué partout à la fois.

Comme les autres réglages de cette série, la Couleur n'agit que sur le JPEG, le HEIF ou un développement RAW interne (en caméra ou via X RAW Studio) : le fichier RAW natif reste intact.

Netteté

La Netteté fonctionne comme la Couleur : un simple curseur, de -4 à +4, qui accentue ou adoucit les contours d'une image. Mais contrairement à ce qu'on pourrait croire, 0 n'est pas un point neutre où rien ne se passe. Fujifilm décrit le réglage comme « accentuer ou adoucir les contours » : à -4, l'image reçoit un adoucissement actif, pas simplement moins de traitement. Certains utilisateurs expérimentés trouvent d'ailleurs le réglage par défaut à 0 relativement appuyé, d'où une préférence fréquente pour démarrer autour de -1 ou -2, dans une fourchette confortable jusqu'à +2.

Techniquement, la Netteté combine un masque de renforcement des contours classique et un ajustement de micro-contraste. En négatif, le rendu s'adoucit, plus proche de l'esthétique argentique, moins marqué par cette netteté numérique qu'on reconnaît parfois d'un coup d'œil. En positif, les contours gagnent en piqué, l'image paraît plus « croustillante », mais au-delà d'environ +2 ou +3, des halos peuvent apparaître aux limites de fort contraste, la cime d'un arbre contre un ciel bleu par exemple.

Un désaccord vaut la peine d'être signalé : Fuji X Weekly avance qu'à -4, la netteté est à toutes fins pratiques désactivée. Le manuel officiel et plusieurs tests utilisateurs racontent une autre histoire : même un objectif reconnu très piqué produit une image visiblement plus douce à -4, signe d'un adoucissement actif plutôt que d'une simple absence de traitement. Comme pour la Couleur, seul le JPEG, le HEIF ou un développement RAW interne est touché ; le RAW natif reçoit un minimum de traitement fixe, indépendant de ce curseur.

Une jeune allemande et son fils à Mattinata (CW - Mono Simple)

Clarté

La Clarté est le plus large des quatre curseurs de ce billet, de -5 à +5, et aussi le plus subtil à comprendre. Le manuel officiel la décrit comme un moyen d'« augmenter la définition en modifiant le moins possible les tons dans les hautes lumières et les ombres ». Autrement dit : elle joue sur le micro-contraste des tons moyens, sans être un simple synonyme de la Netteté.

La différence entre les deux mérite d'être précisée. La Netteté agit sur les contours, par un masque localisé le long des lignes d'une image. La Clarté travaille plus largement, sur la séparation entre tons voisins dans une zone plus étendue, avec un effet secondaire limité mais réel sur les hautes lumières et les ombres. En positif, l'image gagne en profondeur perçue, un effet que Fuji X Weekly compare tantôt à un dehaze logiciel, tantôt au rendu très défini d'une diapositive comme la Kodachrome 25. En négatif, l'image s'adoucit, un rendu qu'on rapproche plutôt d'un filtre de diffusion optique : autour de -1/-2, une diffusion légère ; vers -3/-4, une diffusion modérée ; à -5, une diffusion marquée.

Un détail à connaître avant de partir photographier, découvert par pal2tech : la Netteté, même à +4, n'a aucun effet sur la vitesse d'écriture de la carte mémoire, alors que la Clarté, dès qu'elle sort de zéro, dans un sens comme dans l'autre, ralentit nettement l'enregistrement, peu importe le format choisi (JPEG, JPEG+RAW ou RAW seul). Une pause « Storing » plus longue après chaque déclenchement, un compromis à connaître si on photographie vite. Fujifilm recommandait d'ailleurs, à l'introduction du réglage, de le laisser à 0 à la prise de vue et de l'appliquer plutôt après coup, en développement RAW interne ou via X Raw Studio.

Usage courant : une Clarté légèrement négative (-1 à -3) adoucit la peau en portrait sans flouter l'image ; une valeur positive renforce plutôt la texture et la profondeur perçue en paysage ou en rue. Comme les trois autres réglages de ce billet, la Clarté n'agit que sur le JPEG ou le HEIF : le fichier RAW natif n'en garde aucune trace.

Réduction de bruit

La réduction de bruit ISO élevée (High ISO NR) est le dernier des quatre réglages de ce billet, un curseur de -4 à +4 qui remplace, depuis le X-T4 et le X-Processor 4, l'ancien réglage simplement appelé « Noise Reduction ». Valeurs hautes : plus de réduction de bruit, mais aussi plus de lissage des contours. Valeurs basses : plus de détail préservé, mais aussi plus de bruit visible.

Un point à comprendre avant de régler ce curseur : le traitement s'intensifie automatiquement avec l'ISO utilisé, une courbe déjà croissante que la valeur choisie ne fait que moduler. Il n'existe aucune position de désactivation totale, même à -4. Le compromis reste le même à tous les échelons : plus de réduction donne une image plus propre, mais au prix d'un aspect parfois « cireux » ou flou aux réglages élevés, visible dès ISO 3200-6400 et marqué au-delà de 12800, exactement la plage où l'effet mériterait d'être montré plutôt que décrit.

Les recommandations convergent vers le bas de l'échelle. Fuji X Weekly préfère rester entre -4 et -2, avec une nette préférence pour -4 ou -3. pal2tech, à partir de tests à 12800 et 51200 ISO, conseille de ne jamais dépasser +1, +2 tout au plus, les valeurs de +3 et +4 provoquant une perte de détail nette dès ISO 3200. Aucune source ne recommande de valeurs fortement positives. Comme les trois autres réglages de ce billet, la réduction de bruit ISO élevée n'agit que sur le JPEG ou le HEIF : le fichier RAW est enregistré sans elle.

La Casetta, notre endroit de villégiature à San Bartolomeo in Galdo (NS - Persimmon)

Pour aller plus loin

La couleur ajuste l'intensité chromatique. La netteté et la clarté jouent chacune sur un type de détail, l'une sur les contours, l'autre sur la texture des tons moyens. La réduction de bruit protège l'image quand l'ISO grimpe. Quatre réglages plus discrets que ceux des billets précédents, mais qui font toute la différence dans le rendu final d'une recette.

Cette série sur le processeur X-Trans V touche maintenant à sa fin. Vingt simulations de film, trois réglages qui les enrichissent, trois autres qui agissent plus en profondeur, et ces quatre derniers qui peaufinent le résultat : une palette complète, du choix de la simulation jusqu'au dernier ajustement. Comprendre ce que fait chaque réglage reste la meilleure façon de bâtir une recette qui tient la route, plutôt que d'empiler des chiffres sans savoir pourquoi.

— Louis-Martin Ouellet


Les dix recettes de ce blog — les sept CW et les trois NS — habitent toutes le Cellier des recettes, un espace où elles attendent, simplement, d'être découvertes.

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